Avant d’étalonner son écran

 

En principe, l’étalonnage d’un appareil a pour simple objectif d’établir son profil ICC. Mais dans le cas des écrans, les outils d’étalonnage se chargent d’assurer deux tâches bien différentes.

  • La première: le calibrage par le réglage de l’écran depuis son menu et le chargement des courbes correctrices dans la carte graphique.
  • Puis la deuxième: la caractérisation ou profilage de l’écran en produisant le profil ICC.

Ci-contre, certainement le meilleur écran graphique que l’on puise rêver. Le ColorEdge CG 276 de Eizo est d’un confort d’utilisation que je ne pourrais plus me passer. Calibré d’usine aux recommandations colorimétriques en usage dans le monde des arts graphiques, il possède une sonde intégrée. Une belle casquette de Gavroche pour frimer un max sur le bureau du photographe.

La dalle IPS de grande qualité en format 16:9 avec une résolution de 2560×1440 pixels. LCD à rétroéclairage à large gamut LED qui couvre l’espace colorimétrique Adobe RGB à 97%

CG276Eizo

Choisissez la luminance du blanc

La luminosité d’un écran détermine sa luminance maximale, c’est-à-dire la luminance de la couleur blanche qu’il affiche quand on lui envoie les trois composantes RVB à 255.

D’usine, les écrans sont trois fois trop lumineux, juste pour nous éblouir au propre comme au figurer. La première conséquence fâcheuse est des images bien plus sombres aux tirages que ce que l’on pensait obtenir en corrigeant ses images sur un écran éblouissant.

Attention, ce n’est pas le profil ICC de l’imprimante qui est en cause, c’est exclusivement le réglage de l’écran!

Dans des conditions normales d’éclairage ambiant, un photographe obtient des images imprimées équilibrées si la luminance du blanc de son écran se situe aux environs de 90-100 cd/m2, valeur moyenne en première approche. Si les tirages obtenus paraissent trop sombres, il faut diminuer un peu cette luminance à peut-être 85 cd/m2. Si au contraire les tirages sont trop clairs, on peut l’augmenter en adoptant par exemple 110 cd/m2

Des valeurs de luminance plus élevée sont à envisager dans un environnement professionnel des arts graphiques avec boîtes à lumière et éclairage ambiants optimisés. Mais cela ne concerne que rarement le photographe. En revanche, si vous n’imprimez jamais et que vous ne présentez votre travail que sur Internet, choisissez une valeur plus lumineuse à 120 ou 140 Cd/m2

Et le contraste ?

Il a peu d’influence avec un écran LCD, laissez-le sur sa valeur d’usine ou, si votre logiciel d’étalonnage propose une fonction d’assistance au réglage, laissez-vous guider.

Choisissez la couleur du blanc.

Ce réglage est assez important, car la perception visuelle d’une image affichée sur l’écran est influencée par la couleur est influencée par la couleur de son blanc, c’est à dire par la couleur réellement affichée quand on lui envoie les trois composantes RVB à 255.

Ce réglage consiste à régler la puissance du rétroéclairage de l’écran.

Quand on utilise un écran pour piloter les corrections d’une image destinées à l’impression, la couleur du blanc de l’écran devrait être identique è la couleur de la lumière utilisée pour éclairer le papier. Or, l’éclairage normalisé pour les profils d’imprimantes et par les imprimeurs est D50, l’éclairage solaire standardisé à 5000 K.

Hélas, les écrans bureautiques standard utilisent un rétroéclairage blanc qui se situent entre 6000-6500 K voir même 7000K, et qui, généralement, n’est pas modifiable. Seuls les écrans graphiques et ceux utilisant un rétroéclairage LED récent sont réglables.

Si vous avez la chance d’êtes équipé d’un écran pour arts graphiques dont le point blanc est réglable dans de bonnes conditions, vous serez certainement tenté de régler le blanc, non pas sur sa couleur naturelle, mais sur la norme des imprimeurs D50.

Mais éviter de torturer un écran prévu pour la bureautique, le résultat serait catastrophique, jaunasse, avec un gamut passablement réduit.

Quel que soit le type d’écran, et même si vous êtes équipé d’un couteux «ColorGraphic», ne soyez pas trop préoccupé par la couleur du blanc de votre écran. L’intérêt du blanc D50 est la comparaison image papier, image affichée observée simultanément. Si vous comparer les deux images en observant d’abord l’une puis l’autre en faisant pivoter votre regard, alors votre perception visuelle accomplit plus ou moins parfaitement un travail correctif appelé «adaptation chromatique». Ainsi, vous percevez les parties blanches de vos images sur papier et sur écran comme étant identiquement blanches, même si leurs couleurs absolues sont un peu différentes.

Sachez que des variations de quelques centaines de Kevins sont à peine discernables par la vision humaine et que la précision de mesure d’une sonde et de l’ordre de 300K. 5000 K correspond certes à l’illuminant D50 du prépresse, mais le D65 est plus naturel puisqu’il correspond à la lumière du jour à laquelle nous sommes habitués. Le choix final vous revient selon vos habitudes de travail et vos goûts.

Adopter un gamma de 2.2

Outre la luminosité et le point blanc, votre logiciel d’étalonnage d’écran exige que vous lui fixer un troisième objectif de réglage; le coefficient gamma. Le réglage gamma détermine la répartition générale des valeurs de l’image entre le noir et le blanc.

Quels que soit votre environnement et le type de fichiers graphiques que vous traiter, fixez à votre logiciel d’étalonnage un objectif de gamma 2.2

tous les écrans LCD, qu’ils soient connectés à un PC ou un Mac, ont le même comportement naturel et doivent être étalonnés avec un gamma de 2.2

Si vos images sont codées dans un espace défini avec un gamma de 1.8, ProPhoto par exemple, ne soyez pas inquiet ! La gestion des couleurs est là pour en tenir compte. Elle saura afficher vos images sans les délaver par un gamma trop faible.

Venise

Eclairage ambiant

Pour éviter que la couleur de l’éclairage ambiant vienne altérer votre gestion des couleurs, surtout si elle est très différente de la couleur du blanc de votre écran, il faut que son intensité soit modérée.

Un bon moyen d’isoler votre écran de l’influence de l’environnement est de le munir d’une casquette. La valeur maximale préconisée par la norme ISO devrait être  inférieure à 80 lux.

La réflexion parasite de l’éclairage ambiant par les murs, de votre chemise, des rideaux de la fenêtre peuvent brouiller la belle harmonie de votre gestion des couleurs. Idéalement fermer les stores, badigeonner les murs d’un gris neutre, remplacer l’abat-jour rouge par un éclairage «blanc du jour» et porter une bourka noire ou une soutane.

Contrôlez la lumière environnante

Le colorimètre Eye-One_display 2 est fourni avec un filtre translucide permettant de mesurer les caractéristiques de l’éclairage ambiant.
Lancez le logiciel et cochez l’option Vérifier lumière ambiante. Placez la sonde devant l’écran, sa surface de mesure lui tournant le dos. Cliquez sur étalonner. Après avoir reçu le message «Etalonnage réussi» cliquez sur suivant puis sur le bouton mesurer pour obtenir la température de couleur de l’éclairage et son niveau d’éclairement en lux.
Observez si la température est proche de l’idéal cible standardisé et que l’éclairement, en lux est inférieur à 80 lux comme le préconise la norme ISO

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