Ours

Viiksimo N 64° 13.695′ E 30° 27.524′

Mes souvenirs d’ours portent très loin, le mien avait la tête qui bougeait et la peluche usée jusqu’à la corde. J’ai toujours admiré ce magnifique plantigrade à la fois souple et lourdaud, à la fois timide et d’une force impressionnante. Celui que j’ai en face de moi, est passé en frôlant mon affût composer d’un mince contre-plaqué et d’isolant, qui ne résisterait pas à un « petit » coup de patte… mais l’ours ne m’a pas senti grâce au système de ventilation qui évacue mes odeurs à six mètres en dessus de ma frêle cabane perdue au milieu d’une toundra gelée.

Le Centre Boreal Wildlife m’accueille avec une douzaine de photographes venus de Russie, de Bulgarie, du Danemark, d’Allemagne, de France et de Suisse. La place de nourrissage est entourée en un demi-cercle de quatre affûts deux places et d’un grand pour 12 personnes avec couchettes et même des toilettes. Moi, je suis seul, je préfère, dans le plus éloigné. Yani le patron nous a déposés vers 16 h et nous reprendra vers 7 heures. Au matin je quitte mon abri et ajuste mes raquettes alors qu’un ours vient de disparaitre entre les pins. Je me demande qui aurait le plus peur des deux s’il me croisait, à ce moment, près d’une carcasse d’élan ?